Les berges de l’Omo débutant sa course dans le Mont Amhara, l’Omo est d'abord un fleuve torrentueux, au caractère agité, comme si les hautes parois qui l’enserrent sur la route encaissée qu’il s’est frayé dans des roches dures l’impatientaient. En 500 kilomètres, il déclive de 3000 à 500 mètres; après cette chute il se fait plus tranquille, en déroulant majestueusement ses rouges et ses ocres dans des gorges puis des paysages aux horizons de plus en plus ouverts.
Ce n’est qu’en 1886 que Bogetto découvre enfin son embouchure réelle: ce fleuve impétueux termine son trajet sous la forme d’un immense delta dans les eaux du Turkana. A partir de cette date, le Nianam des tribus du Sud et des premiers explorateurs est enfin identifié à l’Omo des plateaux du Nord.
Nous vous proposons de descendre en zodiac une partie de ce grand fleuve pour approcher les tribus animistes qui l’habitent après les grandes chutes.
Loin des agitations occasionnées par le récent développement touristique du Sud, les campements du fleuve que ne rejoint aucune piste carossable réservent aux voyageurs un accueil d’une vitalité sans apprêts, pleine de fraicheur.
L’attrait de ces lieux écartés réside aussi dans la possibilité de rencontrer des ethnies - comme les Nyangatons- dont les villages provisoires ne s’installent jamais à l’intérieur des terres et qui ne sont donc accostables que sur les méandres de l’Omo. La nature offre sur notre trajet une palette de beautés et de curiosités; de la dense forêt des Mursi à la savane des Dassanetch, c’est une déclinaison de splendeurs sauvages avec des crocodiles, des hippopotames se prélassant sur les rives, des aigles et une varité infinie d’oiseaux au mille chants et couleurs...